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JOSÉPHINE

    « We’re all in this together »* ce mantra que Joséphine Goube répètera tout au long de l’entretien reflète bien sa vision du monde. Pour elle c’est clair, nous sommes de plus en plus sur terre et il y a de moins en moins de place : c’est donc mathématique. Vivre ensemble ce n’est pas une possibilité parmi d’autres c’est du pragmatisme. Une réalité qu’elle porte aujourd’hui en tant que CEO de Techfugees, une organisation qui met en relation les industries de la TECH et les réfugiés pour répondre aux enjeux migratoires et mettre en place des solutions. Rencontre.

 

Avant la lecture, j’ai pensé qu’il pourrait être important de revenir sur des notions de base, et notamment sur la définition de quelques termes qu’on a appris en géographie mais qu’on a souvent oubliés…

Réfugié : toute personne ayant obtenu le statut de réfugié. Pour cela, la personne a du passer à travers un processus administratif, légal et juridique souvent assez lourd et long qui consiste à prouver deux choses :

(1) la personne est menacée de mort pour des raisons d’appartenance à un genre, race, sexe, religion, politique etc.
(2) son gouvernement ne pouvait pas ou ne voulait pas la protéger de cette menace de mort

En attendant que cette demande soit traitée et validée et/ou refusée, la personne est alors un demandeur d’asile. Elle n’a pas le droit de travailler, touche des aides de l’Etat et doit pointer à la préfecture tous les 6 mois lors de cette attente.

Migrant : toute personne qui bouge d’un point A à un point B pour y établir une nouvelle résidence pour quelques mois/années. Les expatriés, le travailleur déplacé, l’étudiant dans une nouvelle ville, le réfugié sont tous des migrants. 

Tu viens de clôturer le premier Techfugees Global Summit comment te sens tu ?

    Ravie! C’est un vrai succès. On a fait ce qu’on voulait, rassembler des gens du monde entier. On ne s’attendait pas à une telle diversité, que ce soit dans les nationalités, dans les projets ou dans les approches. On ne s’attendait pas non plus à autant de participants. C’est un bon premier bilan pour Techfugees, ça me donne beaucoup de nouvelles idées et surtout de la confiance pour l’avenir.
C’est aussi la formalisation de notre succès dans le monde réel. Je sais qu’on est bien vu et reconnu sur les réseaux sociaux, dans l’organisation d’événements ou pour engendrer des retombées médiatiques dans les médias nationaux et internationaux (Financial Times, Les Echos…), mais ça ne convainc que ceux qui sont convaincus. Certes il faut faire attention à ceux qui nous ont déjà rejoint, mais il faut à tout prix éviter le côté ma communauté est géniale, on est génial on emmerde tout le monde. Le monde de la technologie est très propice à ce genre d’ego trip. « Je fais du battage médiatique en ligne, j’ai l’impression d’être trop cool ». Il y a une glissade très facile de ces acteurs vers du narcissisme qui n’est pas efficace pour l’impact dans la société.

Pour en arriver là tu as toujours suivi ton intuition et notamment celle de faire Sciences po, un passage qui semble important dans ta construction ?

    Je ne parlerais pas d’intuition mais plutôt d’un rêve. Quand j’ai lu la description de l’école je me suis dit mais c’est exactement ce que je veux faire. Là où c’est important pour moi c’est la façon dont j’ai été admise. J’ai été prise alors que je n’y croyais pas du tout. J’ai tout fait par derrière pour ne pas devoir affronter l’échec. J’avais honte parce que je ne pensais pas l’avoir. Voilà l’état dans lequel j’étais, une psychologie très féminine en somme, avec ce côté « non je ne peux pas le faire c’est impossible, ça ne m’arrivera pas ». De la présomption d’incompétences typique du plafond de verre. Quand j’ai finalement vu mon nom, j’ai pleuré, ça m’a fait bizarre. Je me suis réveillée le lendemain tout ça était vrai, je n’avais pas rêvé.
À cet instant quelque chose s’est débloqué. Je sors une énergie énorme de ce moment là, car j’ai compris que j’étais capable. C’était mon plus grand rêve et par la suite ça a influencé toutes mes décisions. Par exemple, lors de ma troisième année d’étude je suis partie à New York alors que je n’avais aucun stage, je ne savais pas comment j’allais me débrouiller mais j’ai réussi. C’est la même chose pour Migreat ou Techfugees : au final à part mon ego je ne risque pas grand chose.
Aujourd’hui je suis prête aux énormes ambitions, toujours en écho à cette admission, Sciences Po m’a prise à partir de là tout est possible. Et c’est vrai que tout est possible. Il y a toujours un mélange de folie et d’ambition à entreprendre. Parfois je me dis que je dépasse les limites, que je me mets en position de danger que tout ce stress n’est pas nécessaire, mais il y a ce frétillement d’excitation qui dit et si? C’est ce qui me guide. C’est mauvais parce que ça me rend plutôt instable. (rires)

 

« J’avais honte parce que je ne pensais pas l’avoir. Voilà l’état dans lequel j’étais, une psychologie très féminine en somme, avec ce côté non je ne peux pas le faire c’est pas possible, ça ne m’arrivera pas. De la présomption d’incompétences typique du plafond de verre. »

 

Tu parlais de ton année à New York, c’est lors de ce voyage que tu rencontres les questions migratoires ?

    C’est du story-telling de dire que tout a commencé là bas, mais c’est vrai que j’ai été stupéfaite par New-York. C’est une ville où tout le monde se sent new-yorkais alors que personne n’est new-yorkais ! Tout le monde vient d’un endroit différent et pourtant ça fait une ville et ça marche. Mon quartier était super ethnique, je vivais avec des colocs dont un était philippin, l’autre venait d’une famille sri lankaise, il y avait un américain, un guatémalien et une russe, on était tous à New-York et tout allait bien. Même si je savais que New-York était un microcosme de personnes qui avaient l’opportunité d’être là, cette ville m’a fascinée. Je me souviens à la fin de mon job il me restait un mois sur mon visa, je l’ai passé à faire des enquêtes dans les petits shops, russes, portoricains, afro-américains, grecs. Je suis allée les voir et je leur ai posé la question « qu’est ce qui fait de vous un new-yorkais? » La réponse était simple c’était le rêve américain. Ils avaient fui mais étaient super fiers de leur culture. Ils cuisinaient des plats de leurs pays d’origine mais il y avait ce « on nous a permis d’être libre« . C’est la statue de la liberté, c’est le mythe et ça marche ! Aujourd’hui je ne sais pas si les réponses seraient les mêmes… Cette expérience m’a confrontée à des gens du monde entier, j’ai été attirée et je me suis dit le monde de demain il est comme ça.

 

« Je suis allée les voir et je leur ai posé la question qu’est ce qui fait de vous un new-yorkais ? La réponse était simple c’est le rêve américain. Ils avaient fui et étaient super fiers de leur culture. Ils cuisinaient des plats de leurs pays d’origine, mais il y avait ce on nous a permis d’être libre. »

 

Après New-York tu pars pour Londres afin de te confronter au multiculturalisme européen, c’est là où tu commences concrètement à monter des projets autour des questions migratoires ? 

    À la London School of Economics ça m’a sauté aux yeux, quand on voit le nombre d’étudiants chinois, on comprend immédiatement que démographiquement on est déjà mort. Les gens ne se rendent pas compte mais il y a des phénomènes démographiques, climatiques, géographiques qui font que l’immigration est un fait. Si on veut garder nos démocraties il va falloir accueillir les migrants et leur donner une place dans nos sociétés. C’est un enjeu démocratique, il y a des questions économiques mais ça reste des patates et des fruits, c’est une réalité matérielle. Alors qu’il y a une réalité immatérielle qui est centrale. Comment jouit-on d’une liberté dont on ne se rend plus compte en Europe et qui va nous être « bouffée » par la Chine ? Elle n’a pas dans son discours un respect de la démocratie. Notre démocratie doit évoluer, depuis les années 1970 elle a été minée par le néo-libéralisme, qui voit maintenant face à lui se développer une réponse populiste. Or la seule issue c’est de refaire communauté. Il faut qu’il y ait un transfert de pouvoir et que l’UE devienne énorme. On a réussi un truc phénoménal, continuons! C’est faisable, mais il n’est pas dit que ça se fasse. Aujourd’hui, on est miné par des crises qui pourraient nous faire aller ailleurs. Pour schématiser on a face à nous trois possibilités, the good, the bad and the ugly**. The good c’est la souveraineté européenne, on arrive à vivre ensemble. The bad c’est une division totale des Etats qui parviennent à se maintenir mais sont sans cesse traversés par des crises. Le ugly c’est une perte de nos démocraties avec la mise en place de régimes populistes, un désert culturel et politique et des guerres internes. Je pense qu’aujourd’hui on a une génération qui peut faire changer les choses et aller vraiment vers le good. Il suffit de quelques personnes pas forcément des masses mais il faut des gens qui lead.

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Comment ton intérêt pour les questions migratoires a-t-il rencontré le milieu de la TECH ?

    Mon papa était ingénieur, il m’a appris l’ordinateur, le HTML donc j’avais des bases d’ingénierie et j’ai vite compris la machine, ses capacités, sa rapidité et ça m’intéressait beaucoup. Et quand on s’intéresse aux migrants on se rend très vite compte que ce qu’ils ont tous en commun c’est un smartphone. Si les gens n’ont pas compris le séisme de cet outil pour quelqu’un qui passe d’un pays à un autre c’est terrible.
Je crois aussi qu’il faut une redéfinition de ce qu’est une technologie. L’écriture c’est une technologie, la roue c’est une technologie toutes ces choses là sont des techniques qui ont permis de faire avancer la civilisation. Leurs particularités c’est d’avoir un pouvoir débilisant car ils remplacent une fonction de l’Homme. La roue remplace les pieds, Google remplace la mémoire, plus besoin d’accumuler du savoir quand il y a Google. Le problème c’est quand certains pensent que Google remplace la réflexion et pose des questions directement à Google (rires). On voit bien comment l’adoption d’une technologie influence les rapports des êtres humains. Quand on observe les gens, ils sont sur leur téléphone, ils mettent leurs écouteurs il faut regarder le côté physique et sociologique des choses.

Durant tes études à la LSE tu lances un incubateur car selon toi l’entrepreneuriat c’est le moyen par lequel les gens sortiront de la crise.

    En 2009 quand je vois la crise se propager je me dis qu’il va falloir réinventer les codes parce que là on est clairement « allé droit dans le mur ». Et je me dis que cette réinvention pourrait passer par l’entrepreneuriat, c’est d’ailleurs pour ça que j’ai commencé très tôt.
Aujourd’hui pourtant j’ai tendance à aller dans le sens inverse car je veux qu’on arrête de faire croire que tout le monde peut être entrepreneur! C’est un el Dorado qui est déjà épuisé, c’est n’importe quoi de dire à tout le monde « oui tu peux être entrepreneur ». C’est même irresponsable parce que la vérité c’est que c’est la loi de la jungle.
Au final c’est une solution de facilité. Comme on n’a pas de solution pour l’avenir, ça arrange tout le monde. On est face à une transition économique et on a besoin que les gens quittent leur emploi car on ne pourra pas assurer leur retraite ni garantir leur CDI. Toutes les entreprises qui ont des incubateurs essaient d’y placer leurs employés. Je ne pense pas que l’intention soit machiavélique, mais il y a une réalité économique.
Je ne dis pas aux gens surtout conservez vos emplois mais il faut entendre que l’entrepreneuriat n’est pas une fin en soi. Être son propre boss c’est un peu la crise d’adolescence de beaucoup de gens. C’est un très bon moyen de faire un pas vers « je veux être moi » et « je veux me tourner vers l’avenir » mais l’entrepreneuriat c’est un chemin. Il ne s’agit pas seulement de vouloir être indépendant mais d’avoir une vraie vision. Le nombre de gens que je vois qui ont besoin de cadre et qui n’ont pas vraiment de vision, je pense vraiment que ça va mal finir et faire des dégâts sociaux et mentaux. Les gens ne se rendent pas compte mais ils peuvent être leur propre patron même en étant salarié. Il y a une atomisation énorme dans les entreprises qui permet de prendre des responsabilités et d’être indépendant.

 

« Je ne dis pas aux gens surtout conservez vos emplois mais il faut entendre que l’entrepreneuriat n’est pas une fin en soi. Être son propre boss c’est un peu la crise d’adolescence de beaucoup de gens. »

 

Quand tu lances l’incubateur à la LSE le succès n’est pas au rendez-vous, tu ne te décourages pas et tu lances Migreat qui se solde par un échec pour autant tu n’as pas renoncé ?

    Oui je ne me suis jamais découragée, tout ça c’est un chemin. Après c’est marrant parce que Migreat je ne le vis pas comme un échec. On aurait pu réussir mais j’étais jeune et je n’ai pas forcément toujours bien réagi. La boite fonctionnait, seulement les investisseurs avaient le dernier mot alors qu’ils n’étaient pas vraiment au courant des technologies qu’on utilisait. C’est un échec d’équipe et de la précipitation, on avait deux millions de visiteurs mais on a pas laissé de temps au produit pour se développer. Du coup j’ai appris beaucoup, notamment sur l’importance de l’équipe et comment faire équipe. C’est cette expérience qui explique pourquoi il n’y pas pas d’investisseurs dans Techfugees. Je me méfie du pouvoir décisionnel très en dehors des équipes opérationnelles, et notamment de leur propre ignorance plutôt que de mauvaises intentions. Donc en effet je n’ai jamais lâché l’affaire. Des fois je m’inquiète en me disant qu’à un moment tout va brutalement s’arrêter, mais tant pis je me serai donnée sans regrets et avec joie pour faire avancer les choses. Pour toutes les personnes qui ont eu des visas grâce à Migreat, ou des réfugiés qui ont eu des emplois avec Techfugees ça vaut le coup.
L’autre jour j’étais dans l’avion et il y avait énormément de turbulences, la fille à côté de moi était en train de pleurer, c’était assez difficile je la rassurais mais la vérité c’est que j’avais très envie de pleurer avec elle. (rires) Je n’étais vraiment pas bien, mais c’est marrant parce que la première chose que je me suis dite c’est que si je meurs là maintenant je n’ai rien raté. Je n’ai pas de regrets, je n’ai pas de « j’aurais dû faire ça avant ». Bon après ça m’embêtait que mon heure arrive si tôt, (rires) mais j’étais plutôt contente, et ce sentiment d’être bien dans ses baskets c’est génial !

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« Je n’ai pas de regrets, je n’ai pas de « j’aurais dû faire ça avant ».
Bon après ça m’embêtait que mon heure arrive si tôt, mais j’étais plutôt contente de moi et ce sentiment d’être bien dans ses baskets c’est génial ! »

 

Durant tes années à Londres tu montes des projets comme Girls in Tech.

   Je voulais montrer des exemples, montrer que les filles ça peut faire des choses. Inspirer les autres en proposant des « role models » et ça a marché ! Par exemple on a monté un mentorat, la moitié des filles ont démarré leur entreprise ou une initiative qui leur était chère. L’une vient de collecter 2,3 millions et une autre vient d’être rachetée. En un an et demi elles ont fait un parcours énorme. Pendant 6 mois on a accompagné des femmes dans leur projet, la moitié a démarré un business et les autres ont toutes atteint leurs objectifs de promotion au sein de leur entreprise. Dans ce cas là, il a été histoire de confiance en soi et de visualisation.

Si tu es passée par New-York puis Londres aujourd’hui tu t’installes à Paris pourquoi ce retour en France ?

    Je suis revenue pour de nombreuses raisons notamment le Brexit, et parce que je pense sincèrement que l’avenir de l’Europe se joue entre Berlin et Paris. J’étais à Berlin je voulais devenir berlinoise mais actuellement il se passe tellement de choses excitantes en France. On est à un moment où on va pouvoir faire bouger les choses. Au gouvernement on a des jeunes qui sont aux manettes qui connaissent bien les enjeux et qui ont compris l’aspect factuel des migrations. Le populisme est quand même amoindri avec une Marine Le Pen qui n’est pas sortie gagnante dans les débats de la présidentielle. Il y a plein de signaux positifs. 

Un retour en France après deux années passées à vivre comme une nomade…

    J’ai voulu être nomade pour comprendre. Comprendre ce que c’est de ne pas avoir de maison. Comprendre l’état d’esprit de quelqu’un qui n’est pas localisé dans une communauté. L’ambition de Techfugees c’est de faire passer l’idée qu’on peut faire partie d’une communauté sans être né dedans, qu’on peut s’intégrer. Être nomade c’est s’intéresser à comment on crée de la confiance sans géographie. Il y avait aussi une volonté de mieux comprendre ce que c’est que d’être réfugié. Même si paradoxalement mon nomadisme m’a éloignée de la vie des migrants, une sorte de symétrie inversée. Je me suis retrouvée à être nomade de luxe, j’avais toujours un point de chute, un canapé ou une chambre qui m’attendaient. De ce point de vue ça été un échec total quant à vivre l’expérience d’un migrant, mais ce mode de vie m’a aussi laissé entrevoir à quoi peut ressembler le quotidien d’une personne qui bouge d’une place à l’autre. Je peux mieux comprendre maintenant des comportements qui sont plus instinctifs, les difficultés pour les réfugiés à se projeter. S’ils n’ont pas le temps d’apprendre un langage ou de chercher un job c’est d’abord parce qu’ils doivent répondre à des besoins du quotidien très chronophages. C’est important pour moi de replacer cette expérience, de ne pas l’oublier et comprendre ce qui peut consommer l’énergie d’un humain.

 

« L’ambition de Techfugees c’est de faire passer l’idée qu’on peut faire parti d’une communauté sans être né dedans, qu’on peut s’intégrer. »

 

Pour terminer, si tu avais un conseil à donner ?

    Ne jamais faire les choses pour les autres. Être altruiste oui ; faire ce que les autres pensent non. Il ne faut pas faire les choses parce que ça à l’air bien, parce que les autres y vont, ne surtout pas être un mouton. C’est le meilleur moyen de perdre du temps, de se sentir vide et on n’a pas le temps pour ça ! Si on a envie de faire des choses, il faut les faire, même si ça fait peur et que ça ne ravit pas tout le monde. Il y a plusieurs façons d’accomplir ses envies mais surtout « don’t give a fuck about what people think »*** d’autant plus à l’ère du social media. Vraiment il faut éviter de faire cette erreur.

* « On est tous dans le même bateau »

** «  Le bon, le mauvais et le moche »

*** « ne porte aucun intérêt à ce que les gens pensent »

Texte : Justine Werbrouck
Photos : Guillaume Dassonville

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